Conseils & Tendances12 mars 20266 min de lecture

Comment encadrer une affiche pour qu'elle ressemble enfin à une œuvre.

Cinq questions à se poser avant de choisir un cadre, une matière et un passe-partout. Et une règle qu'on n'enfreint jamais — la marge.

Par Raphaël Hassenforder

Salon avec fauteuil jaune et lampadaire en laiton, affiche géométrique dans un cadre noir fin

L'écart entre une affiche posée au mur et une œuvre encadrée n'est pas une question de prix. C'est une question de cinq décisions prises dans l'ordre. Aucune n'est compliquée. Aucune ne se rattrape si on a sauté la précédente.

Voici comment on procède quand on encadre une affiche pour un client qui n'a pas le droit à l'à-peu-près — un illustrateur qui revend ses prints, un retailer qui équipe une boutique, une galerie qui montre un édité.

1. Mesurer l'œuvre, pas le cadre

Le réflexe commun consiste à choisir un cadre standard et à voir comment l'œuvre rentre dedans. C'est l'inverse qu'il faut faire. On part de l'affiche : ses dimensions exactes, son orientation, sa marge blanche éventuelle, sa fragilité (offset, sérigraphie, papier coton).

Une affiche A2 sur papier coton ne réclame pas le même cadre qu'un offset 50×70 sur papier brillant. La première veut de la profondeur et un passe-partout généreux. La seconde veut un profil fin et un verre antireflet.

« Encadrer, c'est choisir ce qu'on veut faire disparaître. Si le cadre se voit, c'est qu'il est mal choisi. »

2. La matière dit le contexte

Le chêne s'efface dans un intérieur scandinave et structure un mur d'illustrations. Le wengé impose dans une galerie et écrase un appartement. Le métal noir se fond dans un retail premium et trahit dans un loft brut.

La règle : quand on hésite entre deux matières, on choisit celle qu'on remarquera le moins. Le cadre doit être une infrastructure, pas un événement.

Mur d'échantillons d'angles de cadres moulurés, dorés, argentés, bordeaux et blancs

3. Le passe-partout : pourquoi 10 mm changent tout

Sur un A3, la différence entre un passe-partout de 30 mm et un de 50 mm est invisible jusqu'au moment où on les compare côte à côte. Là, la différence saute aux yeux. Le 50 mm fait respirer l'œuvre. Le 30 mm la comprime.

Notre règle simple : passe-partout = 1/8 de la plus grande dimension de l'œuvre. A3 = 50 mm. A2 = 60 mm. A1 = 70 mm. C'est inélégant en feuille de calcul, c'est exact à l'œil.

4. Le verre, ou pas

Avec verre dans 80 % des cas. Sans verre quand l'œuvre est elle-même un objet (sérigraphie épaisse, papier texturé qu'on veut toucher du regard, lithographie). Le verre antireflet n'est jamais un luxe — c'est ce qui fait qu'on regarde l'œuvre, pas son reflet.

5. La marge — la règle qu'on n'enfreint jamais

Pour un illustrateur qui revend, le cadre représente entre 25 et 40 % du prix final. Au-delà, la marge meurt. En-dessous, la qualité aussi. Le bon cadre est celui qui tient cette équation sans la fragiliser.

C'est pour ça que l'enveloppe d'un projet d'encadrement se calcule avant le choix de la matière, jamais après. Volume, format, finition — dans cet ordre.

En pratique

Si vous avez un projet à chiffrer, donnez-nous quatre informations : nombre de cadres, format de l'œuvre, type de papier, échéance souhaitée. On revient sous 48 h ouvrées avec une recommandation argumentée. Pas de devis automatique — un humain regarde votre demande.

— Article publié le 12 mars 2026. Mis à jour le 8 mai 2026.

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